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DUGOURD ECHO DME  

              

L'APPENDICITE : QUELLE IMAGERIE ?
F. Ziereisen, N. Gauquier, M. Dassonville, F. Avni

L'appendicectomie est l'intervention chirurgicale la plus fréquente chez l'enfant de plus de 4 ans.L'appendice correspond à un diverticule de maximum 10 cm de long, dont la base est située 3 cm sous la valvule iléo-caecale, au niveau de la paroi postéro-médiane du caecum. L'extrémité appendiculaire se situe généralement en position iléale, mais parfois elle peut être rétro-caecale, pelvienne, sous-hépatique.L'appendicite aiguë (AA) survient en général à la suite d'une obstruction de l'appendice entraînant une augmentation de pression intraluminale, une stase vasculaire, un infarcissement et une prolifération bactérienne.

Le diagnostic d'AA est un diagnostic difficile, surtout chez l'enfant avec des taux rapportés d'appendicectomies blanches de 10 à 40% et une fréquence de perforations allant jusqu'à 88% chez l'enfant de moins de 5 ans.

 Le but de ce travail est de voir quelle est la mise au point la plus appropriée en cas de suspicion d'AA chez l'enfant et de confronter notre expérience personnelle (80 patients opérés d'appendicectomies, de septembre 2000 à février 2002) aux résultats de la littérature récente.

 La clinique est beaucoup moins fiable chez l'enfant que l'adulte. Une anamnèse précise est difficile à obtenir chez un jeune enfant.Les scores cliniques apparaissent fiables chez les grands garçons mais beaucoup moins chez les jeunes patients ou chez les filles pubères.L'étude rétrospective des dossiers de nos patients n'a pas permis d'obtenir des données précises quant à la clinique.

 La biologie est souvent inflammatoire (hyperleucocytose, polynucléose, augmentation de la VS et de la CRP) mais une biologie normale ne permet pas d'exclure une AA. Nos patients présentaient le plus souvent une biologie inflammatoire, mais une numération normale ou une CRP normale fut retrouvée dans 15% des cas et des GB et une CRP normaux dans 4% des cas. La biologie seule ne permet dons pas d'exclure ou d'affirmer une AA.

                                        

L'échographie et le CT-scanner ont tous deux prouvé leur efficacité dans la mise au point des suspicions d'AA. La littérature rapporte des sensibilités et spécificités pour ces deux techniques supérieures à 90% quand elles sont réalisées par des radiologues pédiatres compétents.

L'échographie à l'avantage d'être non irradiante et de permettre un examen abdominal complet. Elle peut être limitée en cas d'obésité ou de patient très algique.

Le scanner est un examen irradiant et il est souvent limité à la partie inférieure de l'abdomen. Il n'est pas gêné par l'air ou la corpulence du patient et est moins opérateur que l'échographie, du moins en ce qui concerne la réalisation de l'examen. Il n'existe pas de consensus dans la littérature quant à la façon de réaliser le scanner (à blanc ou injecté, avec ou sans opacification digestive).

Dans notre pratique quotidienne, nous réalisons en première intention un abdomen à blanc (AAB), et une échographie.

L'AAB s'est avéré positif dans 36% des cas sans apporter d'informations complémentaires à celles de l'échographie. Dans plus de la moitié des cas l'AAB était normal ou démontrait une constipation.

72 échographies ont été réalisées dans le cas de 65 AA et de 7 appendicectomies blanches. La sensitivité et la spécificité ont été estimée respectivement à 88 et 57% avec une valeur prédictive positive de 95% et une valeur prédictive négative de 33%.

Un scanner a été réalisé dans 12,5% des cas, quand l'échographie n'apportait pas une réponse suffisante. Le scanner, réalisé avec injection de contraste mais sans opacification digestive n'a apporté une information complémentaire par rapport à l'échographie que dans 50% des cas au maximum. La sensitivité et la spécificité ont été calculée à 89 et 100% avec une valeur prédictive positive de 100% et une valeur prédictive négative de 50%.

Nous pensons donc que l'échographie abdominale reste le meilleur examen à réaliser en première intention chez l'enfant suspect d'AA. L'AAB ne devrait plus être réalisé systématiquement préalablement à l'échographie abdominale. Le scanner est a réservé aux patients chez qui une échographie de bonne qualité et diagnostic n'a pu être effectuée.